vendredi 17 avril 2015

Capillas de Marmol

Bon ça fait un moment que je n'ai rien publié... Depuis que j'ai quitté Chiloé en fait. Bon faut dire que j'étais dans un coin où il n'y avait pas internet, au fin fond de la Patagonie chilienne, à Tortel. Mais j'en ai fait du chemin depuis puisque me voilà arrivée en Argentine !! Mais j'y reviendrais !!
Pour quitter Chiloé il a fallu subir 28h de trajet en ferry.. C'était long, long, trèèèès long !! Mais bon on a fini par arriver à Coyhaique, la dernière étape "urbanisée" avant de s'enfoncer dans le grand sud chilien. 

Mais bon une petite surprise nous attend... C'est le vendredi Saint et donc tout est fermé !!! À ça il faut rajouter que tout le service public est en grève de même que la CONAF (l'administration qui gère les parcs nationaux). On ne pourra donc rien faire du tout, que ce soit en ville ou aux alentours car la grève concerne toute la région. Vu que l'on a dit à un couchsurfer que l'on serait là, on reste quand même la journée, à buller au soleil et on passe la soirée chez lui. Le lendemain on décide de s'arrêter à Puerto Tranquillo pour aller les visiter les Capillas (chapelles) de Marmol (marbre). Tout le monde en parle, c'est sur la trajet pour descendre donc on tente notre chance. Puerto Tranquillo, minuscule bourgade où doit habiter à peine une centaine d'habitants. Ce village n'existe que par la présence des Capillas. Ce ne sont que hôtels et agences d'excursions qui le composent. Je compte 10 cabañas spécialisées dans la vente de ces visites et à peu près autant de lieu pour dormir. En plein saison c'est la panique, ils ne savent plus où donner de la tête. Mais en période creuse, c'est tranquillo, tranquillo. Bon si le village s'appelle comme ça ce n'est pas à cause de la tranquillité hors saison mais du fait du Rio Tranquillo qui coule pas loin. Le mieux pour visiter les Capillas c'est le matin vers 9h car elles donnent à l'est. Donc fin prêtes on se présente à la guitoune mais en fait il faut attendre un groupe de coréen avec qui l'on fait la visite, ajouter à ça la mesure du temps chilienne, finalement on ne part qu'à 11h... Un peu raté pour la lumière du matin. 

Barque qui navigue sous le soleil. Paysage ravissant des collines verdoyantes qui se reflètent dans l'eau turquoise du Lago General Carera (2ème plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca). Après une trentaine de minutes de navigation nous voilà aux Capillas qui sont fait d'énormes blocs de roche qui sortent de l'eau. La partie inférieure en contact avec l'eau est sculptée par l'érosion. Naïve ( et stupide aussi je pense) comme je suis je m'attends à voir du marbre de salle de bain, mais évidemment non c'est du marbre brut !! Les dégradés de couleurs sont magnifiques, du bleu, du jaune, du marron, le tout accompagné de l'eau turquoise. Il est assez difficile de décrire ces formations géologiques, le mieux est que je vous laisse regarder les photos. Photos qui rendent beaucoup mieux que ce que l'on peut voir en vrai quand on a le nez dessus. Bon vous l'aurez compris j'ai été plus ou moins emballée par cette visite. En fait ce qui est bien à Puerto Tranquillo, c'est la route pour y aller et pour en repartir !













































dimanche 5 avril 2015

Isla Lemuy

Lundi destination Isla Lemuy. Cette fois on embarque personne et on maintient le projet camping, histoire de pouvoir passer une soirée au calme. Motivées par l'autostop histoire d'économiser le bus et au final avec l'expérience d'hier on se dit que c'est même plus rapide que le bus. Cette fois encore à peine le temps de lever le pouce qu'une voiture s'arrête. Un fort sympathique monsieur, apiculteur, qui a voyagé en Europe et qui quand il nous dépose au bac nous dit, en français: les amis de mes amis sont mes amis. La journée commence donc de manière très amicale, très humaine. Une fois sur l'île, depuis le bac, il faut compter 4 km pour aller jusqu'à la première église. On se lance donc sur la route bien décidées à avaler le bitume. C'est très rural. Beaucoup de champs, très peu d'habitations et 5 voitures qui passent toutes les 30 minutes environ, en gros quand arrive le bac. Je retrouve cette sensation d'arrêt du temps que j'avais ressenti déjà sur l'Isla Quichao. On dirait que le capitalisme n'est pas arrivé jusqu'ici. Pas de panneaux publicitaires. Des maisons simples en taule ou en bois. Pas de recherche vestimentaire. Seules les voitures sont assez imposantes, généralement des 4x4. Les Chilotes se contentent d'avoir de quoi s'abriter, de quoi manger et de quoi se déplacer. Et ils ont tous un grand sourire. Enfin presque tous. Après l'église de Hichuac nous décidons de poursuivre en stop pour rejoindre Puqueldon, la ville principale de l'île, qui est quand même plus petite que toutes celles que l'on a traversé jusqu'à présent: une place centrale et des maisons c'est tout. Aucune voiture ne s'arrête, les conducteurs ne nous regardent même pas. Et finalement une petite voiture rouge se gare, c'est un anglais que l'on a déjà croisé hier. On lui dit que l'on veut voir Puqueldon et ensuite aller tout au bout de l'île à Detif. Il est venu juste passer la journée pour faire le tour des églises, du coup il nous embarque et nous dit que l'on peut faire le tour avec lui et qu'ensuite il nous dépose là où on veut. Et donc c'est parti petit tour en voiture, les églises défilent les unes après les autres dans une nature luxuriante. Ça monte ça descend, c'est très vallonée. Puis à un moment donné la route devient trop chaotique pour que la petite voiture puisse continuer à avancer. On dit donc au revoir à notre compagnon anglais et on continue la montée à pieds. Il est 15h, on a toujours pas mangé, c'est un peu dur. Surtout qu'on dirait que le chemin est interminable. On voit à intervalles réguliers des panneaux indiquant le camping mais si le premier que l'on a vu indiquait 4 km, au bout d'un moment il n'y a plus d'indications kilométriques. On croise pas mal d'animaux, des chiens évidemment, des cochons, des agneaux, des moutons, des poules, dans les prairies on aperçoit des chevaux et des vaches. Et on arrive au bout de la route et nous y sommes, le camping. Qui s'appelle le Mirador, nous supposons donc que l'on va avoir un point de vue magnifique !!! Et effectivement nous surplombons la baie de Detif et au delà la mer qui s'étend jusqu'au continent et quand le ciel se dégage on aperçoit quelques sommets enneigés de la cordillère des Andes. Pas une seule présence humaine. Même dans les collines de la baie, on aperçoit quelques maisons ici  et là mais la nature domine. Encore une fois cette communion plparfaite entre terre ciel et mer. Et le calme apaisant, relaxant. Le silence est seulement troublé par le clapotis de l'eau. Derniers instants de paix sur Chiloé. Dans 2 jours ce sera 28 heures de ferry pour rejoindre le continent et Puerto Chacabuco pour rejoindre la Patagonie. Il l'est idée que le silence et le calme doivent aussi régner là bas !!


Vue la matin depuis la tente





Isla Quinchao



Dimanche matin, pas très beau. Un peu de pluie mais c'est pas ce qui va nous arrêter. Petit village que Dalcahue, le dimanche matin se tient selon les termes du Petit Futé la plus grande feria artisanale de l'île. C'est pas bien grand ceci dit et l'artisanat n'est pas très fin. De gros pulls de laine qui ont l'air de gratter, des ponchos très lourds que l'on pourrait utiliser comme tapis. Mais c'est très coloré, c'est beau à voir toutes ces couleurs. Et on peut voir les artisans travailler à laine. Je cherche un gilet, mais je sais d'avance que je ne pourrais pas porter ceux qui sont exposés, beaucoup trop rêches. Déambulation dans la ville pour tenter de voir l'église qui malheureusement est en rénovation, on ne voit que le haut du clocher !! Du coup la messe est organisée dans une salle à côté qui n'est pas assez grande accueillir tout le monde, beaucoup de gens sont dehors tenant dans leurs mains les rameaux. Il n'y a vraiment pas grand chose à faire à Dalcahue, et le village n'est pas très charmant, l'atmosphère est assez froide. Peut être que l'absence de soleil en est à l'origine. On comptait prendre directement le bac sans le bus mais on ne le trouve pas et donc nous voilà à attraper le bus, ensuite le bac et on débarque sur l'île. Achao la ville principale est à 14km du débarcadère. À l'arrivée surprise pour le prix, c'est 1400 pesos, wahouuuu !! Que faire à Achao ?? Faire un tour de l'église, en bois. Le plafond est bleu, il y deux confessionnal assez anciens. Et ensuite faire un tour sur la plage. Le soleil a enfin pointé le bout de ses rayons. C'est très agréable de marcher sur le sable, d'écouter le roulis de l'eau, le chant des oiseaux. Des bateaux et des barques en bois échoués sur la plage qui invitent à la pause. S'asseoir face à la mer, s'adosser contre le fond de la barque, profiter des rayons du soleil et laisser le temps suspendre son vol. À bien y réfléchir c'est vraiment ça sur Chiloé, le temps s'est arrêté. Il suffit de marcher dans les rues et d'écouter, de sentir le calme, la plénitude. Encore une étape sur Isla Quinchao,  c'est Villa Quinchao où a été construite la plus vaste église de l'île. Pas de bus jusque là bas, du coup autostop, à trois on se dit que ça va être compliqué mais en 5 min une voiture s'arrête: elle est déjà pleine du coup la mère prend un des enfant sur ses genoux, la grand mère fait de même, ce qui libère 2 places où l'on s'entasse à 3. Et c'est parti, ça monte, ça descend, de véritables montagnes russes !! À Villa Quinchao, l'église est particulièrement vaste et c'est d'autant plus frappant qu'il doit y avoir grand max une vingtaine d'habitants. Le village est à l'extrémité de l'île et on poursuit le chemin jusque sur la plage. On est en pleine nature. Un embarcadère s'avance dans l'eau et il est très tentant d'aller s'asseoir à l'extrémité juste au bord de l'eau. D'un côté un parc à poisson pas très attrayant mais de l'autre côté s'élève les collines verdoyantes de l'île voisine. C'est un plaisir de contempler cette harmonie entre le ciel, la terre et la mer. Encore une fois on ressent profondément le calme et la plénitude. Le temps suspend son vol. En poursuivant un peu plus loin on découvre des balançoires de fortune aménagées sur une épave de je ne sais quoi et bien sur les âmes d'enfants se réveillent. Allons jouer, envolons nous vers le ciel. L'impression de voler, de légèreté, de liberté. Mais déjà c'est l'heure de repartir. La première voiture se prend facilement. C'est un pick up, on s'assoit sur la plate forme youhou !!! On en prend le vent en pleine figure, c'est vivifiant!! Le conducteur nous dépose à Achao. Il faut prendre une deuxième voiture, un peu plus compliqué, une vingtaine de minutes à attendre et finalement c'est un minibus scolaire qui nous ramasse. L va récupérer un groupe à l'arrivée du bac, ça tombe bien c'est là que nous voulons aller. Arrivées sur Chiloé à peine le temps de tendre le pouce qu'en voiture s'arrête. On l'avait déjà croisé quand on voulait aller prendre le bac mais elle était pleine. Ils ont déposés des passagers à Dalcahue justement et donc maintenant ils ont de la place pour nous.C'est drôle. Et nous voilà de retour à Castro. 
















vendredi 3 avril 2015

Chiloé ou l'union entre ciel terre et mer

Du 24 mars au 1e avril, séjour d'une semaine dans l'archipel de Chiloé qui sera notre dernière étape avant d'entamer notre descente dans le Grand Sud Patagon.

L'archipel est constitué de l'Isla Grande et d'une quarantaine d'autres plus petites îles dont 35 sont habitées. C'est la deuxième plus grande île d'Amérique du Sud après la Terre de Feu (où je compte bien aller également !!). La densité moyenne est de 10 habitants au km². Les habitants sont les Chilotes et sont le fruit d'un métissage entres les populations indigènes (les Chonos et les Huiliches) et les envahisseurs européens (espagnols mais également hollandais). Du fait de sa situation insulaire un fossé s'est creusé entre Chiloé et le continent créant un isolement géographique et culturel. Cet isolement va favoriser le syncrétisme culturel et donner naissance à un nouveau mode de vie. De ce syncrétisme résulte une véritable identité Chilote distincte du continent latino-américain marquée par une vie très liée à la mer et la terre.

En effet à l'heure actuelle, 44% de la population vit à la campagne et vit essentiellement de la pêche, de la pisciculture. Et c'est quelque chose qui me frappe. Déjà pratiquement partout où l'on pose le regard, on rencontre l'eau. Elle n'est jamais bien loin, on la rencontre au détour d'un virage, dans une trouée d'arbres ou de buissons. Et pratiquement à chaque fois que l'on voit la mer, on aperçoit un bateau au loin, ou bien un bassin de culture (beaucoup de saumons). Et quand on passe dans les villages, il y a toujours un port, des bateaux échoués sur la plage, des embarcadères, des filets de pêche étendus sur le sable. Mais la mer n'est pas la seul chose que l'on voit constamment. La nature est omniprésente à travers de vastes prairies, des arbres, des buissons, des fleurs. Le paysage Chilote est un dégradé de verts et de bleus, celui de la mer bien sûr, mais également celui du ciel. Le ciel qui n'est pas assombri par des tours ou autres immeubles, s'étend à perte de vue et fini par se mêler à la mer sur la ligne d'horizon. Chiloé, le lieu de l'union entre la mer, le ciel et la terre.

Les Chilotes ont tendance à dire que Chiloé n'est pas le Chili. C'est vrai que c'est une remarque que je me suis faite en arrivant sur l'île. Si la plupart des villes dans lesquelles nous sommes passées jusqu'à présent n'avaient rien à envier à la plupart de nos villes occidentales, à Chiloé, on dirait que le temps s'est arrêté. On dirait que le capitalisme n'est pas arrivé jusqu'ici. Pas de panneaux publicitaires, des maisons simples en taules ou en bois, quelques boutiques mais pas de grand centres commerciaux. Les seules choses imposantes sur l'île sont les voitures généralement des 4x4, quand on voit l'état de certaines routes (absolument pas goudronnées), on comprend la nécessité d'avoir un véhicule tout terrain. J'ai l'impression que les Chilotes se contentent du strict nécessaire: de quoi s'abriter, de quoi manger et de quoi se déplacer.

Quand on parle de Chiloé, on est obligé de mentionner le bois et les églises. Le bois est la matériau qui a permis le développement de l'île et la totalité des habitations est construite ainsi, de même que la centaine d'églises et de chapelles qu'abrite l'île, dont les plus anciennes remontent au XVIIIe siècle. Elles représentent un des ensembles architecturaux le plus important du Chili. Il y a autant d'églises que de communautés, ce qui explique leur profusion. Ces églises sont donc construites en bois, et leur grande particularité est l'absence notoire de tout clou ou autres pièces métalliques. Les pièces de bois sont simplement emboîtées les unes dans les autres selon des schémas bien précis. Il n'y a pas beaucoup de variations dans le plan des églises: un plan basilical, 3 nefs et une tour centrée sur le portique. Seuls les couleurs et les ornements varient d'une église à l'autre

L'archipel de Chiloé a vraiment une culture, une personnalité à part. Il n'y a pas d'activités particulières à faire à part faire le tour de ses églises. Chiloé est un endroit où le temps semble s'être arrêté, où l'on vient prendre le temps de vivre, de se laisser aller, écouter, sentir le calme, la plénitude, profiter de cette communion parfaite entre les hommes et la nature.