vendredi 19 juin 2015

Le Piltriquitron

Une mer de nuages recouvre la vallée. De cette mer surgissent quelques montagnes dont les têtes sont enneigées. On devine le soleil plus qu'on ne le voit, plus qu'on ne le sent. Il vient éclairer les cimes enneigées mais ne se fraye que difficilement un chemin à travers une deuxième couche de nuages qui elle recouvre totalement le ciel. Et moi j'avance au milieu de ces deux couches de nuages. J'avance comme en lévitation. Je suis comme suspendue  dans un univers blanc, un univers cotonneux où le temps semble s'être arrêté. Le chemin est un peu abrupt, une voie carrossable pas très agréable mais qui fini par évoluer en sentier en sous bois et débouche dans le Bosque Tallado, une clairière remplie de statues en bois réalisées par des artistes locaux, par ici le visage de Buddha, par là une divinité sud américaine, par ici encore un nain sculpté dans un tronc d'arbre. Depuis le Bosque, une vue panoramique sur la vallée.... Ou plutôt sur le duvet tout blanc qui est venu la couronner. L'ascension continue encore jusqu'au pied du Piltriquitron, jusqu'à un petit refuge. J'aurais croisé en tout et pour tout une personne. Arrivée au refuge, je trouve une pierre qui domine la vallée et laisse mon regard se perdre dans l'immensité blanche de la mer de nuages. Pas un bruit, si ce n'est le vent qui souffle. Pour la descente un compagnon canin m'accompagnera.

Deux semaines plus tard, me revoilà de nouveau au Piltriquitron. Et changement de décor !!! Le ciel est dégagé, le soleil brille et.... La neige a tout recouvert. L'immensité blanche n'est plus sous mes yeux, je baigne dedans. Le peu de feuilles qui restait à mon premier passage a maintenant disparu. Le règne végétal est entré en hibernation, il réapparaîtra dans quelques mois. En tout cas qui dit terrain pentu et neige, dit luge !!! L'âme d'enfant revient au galop pour quelques descentes.






















Maté avec Barby et José







El Bolson


El Bolson, une ville à l'allure de village. Pas de grands bâtiments, une rue principale carrossable et les autres essentiellement en terre. Installée dans une vallée enserrée au milieu des montagnes, El Bolson est entouré de chacras (fermes) qui pratiquent une agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement. 
Mon expérience de El Bolson s'est avérée très trèèèès nuageuse et pluvieuse.C'est ça la Patagonie à la fin de l'automne, on oublie à quoi ressemble le soleil, que le ciel peut être bleu. Le quotidien est fait d'humidité, de froid, de gris, de pieds mouillés, de cheveux mouillés. Mais comme toujours en Patagonie, on appréciera l'omniprésence de la nature, l'omniprésence du règne végétal.
Mon séjour à El Bolson restera également associé à 2 personnes José et Barby qui m'ont accueillie à bras ouvert et ont pris soin de moi. José travaille dans un garage et nous y aurons passé de nombreuses heures à attendre que la pluie cesse, jouant aux cartes, buvant le maté, cuisinant une tarte aux pommes, coupant du bois et triant des boulons divers et variés. 
Si le soleil fut absent du ciel lors de mon séjour, l'amitié elle était au rendez vous.







Garage de José

Maison de José









Retrouvailles avec Claire







samedi 30 mai 2015

Sur la côte atlantique

Depuis Ushuaia c'est parti pour 30 heures de bus en remontant le long de l'océan Atlantique. Mon but: Puerto Madryn pour découvrir l'ouest de la Patagonie. Le trajet est long, long trèèèès looong: 3 passages de frontière, 3 changements de bus. Partie à 5h du matin le dimanche, j'arrive à 14h le lendemain. 

Puerto Madryn, station balnéaire sur la côte Atlantique. Quelques barres d'immeubles se dressent le long du front de mer. On est pas loin de l'image du Grau du Roi. Quand on se tourne vers la mer on aperçoit quelques gros bateaux, c'est aussi un port. Une promenade s'avance dans l'eau tout en béton et en ferraille. Rien de bien réjouissant. Quand on se tourne vers l'intérieur de la ville: de vastes rues parfois bétonnées parfois non, des bâtiments assez bas (2/3 étages), succession de boutiques diverses et variées, sur tous les murs la peinture s'écaille, beaucoup sont taggés. Aucun attrait. 

Au delà de la ville, toujours ce paysage patagon: des steppes désertiques à perte de vue marquées par une végétation très sèche. Par contre en arrivant de Terre de Feu, le climat est particulièrement clément: fini chaussettes, grosses chaussures et autre polaire, bonjour l'air marin. La plage s'étend à n'en plus finir et invite à une promenade les pieds dans l'eau. L'histoire de la ville est assez curieuse: elle a été fondée par les gallois. Fuyant la persécution anglaise et cherchant une terre pour perpétuer la langue et la culture galloise: une 150ne de gallois débarquèrent un jour sur la côte Argentine afin de s'y implanter, puis progressivement ils se sont enfoncés dans les terres jusqu'à la cordillère. Puerto Madryn ne garde aucune trace de cet héritage malheureusement. Il faut s'en éloigner pour trouver de petits villages assez bien conservés à l'architecture de briques rouges, des maisons de thé et des affichages publiques écrits aussi bien en espagnol qu'en gallois. Gaiman est le meilleur symbole de ce patrimoine gallois au cœur de l'Argentine.