samedi 11 juillet 2015

Sierra de las Quijadas


Le bus me dépose en pleine nature, au milieu des buissons tout sec, sol caillouteux, terre ocre et aride, végétation basse qui dégage l'horizon à l'infini, le ciel bleu, le soleil qui irradie. Quelques rencontres en coup de route: un zorro, pas farouche la bestiole, on dirait qu'elle pose pour la photo !! Et quelques km plus loin des animaux jusqu'à présent jamais vu: une tête de lièvre, mais les pattes sont très fines. Un peu plus sauvages eux, ils ne me laissent pas beaucoup d'occasion de saisir leur image. Et au détour d'un virage, les canyons se révèlent: massives formations rocheuses rougeâtres se détachant du bleu céleste. Quelques touffes vertes sont accrochées à la pierre et semble orner ces mastodontes.
Je commence ma visite, le soleil s'en va, le vent se lève, il commence à faire froid !!! Petit sentier tranquillou avec de jolis points de vue. Le travail de la nature est incroyable. Ces formations rocheuses sont massives et à la fois délicates. En apparence très fortes, elles sont en fait très fragiles. Le travail du temps, l'érosion liment la pierre la rendant par endroit extrêmement fine, friable. 

Quête du Sendero des Guanacos. Très très difficile à trouver. Je passe une première fois devant son commencement, revient sur mes pas, peste autant que je peux et finis par déboucher sur le sentier. Délimité par de petits tas de pierres. Ça fait très rituel.La terre est rouge, brûlée, caillouteuse. L'environnement est sec, piquant (les buissons, les cactus), agressif (oui les cactus le font exprès, ils se jettent sur moi). Autour de moi règne... Le silence. Au dessus de moi planent.... Les condors. C'est extrêmement paisible, apaisant. Le sentier cependant n'est pas très facile à suivre. Par moment les tas de pierres disparaissent vont se cacher derrière les buissons. Du coup je pars dans la mauvaise direction, me retrouve bloquée par un fouillis de feuilles, branchent. Tente tant bien que mal de me frayer à chemin. Mais peine perdue, les branches gagnent à tous les coups !! Me font faire demi tour jusqu'à ce que je me rende compte que j'avais loupé un indice. Chemin sinueux plat au commencement qui petit à petit devient abrupt. Et oui l'objectif à l'air d'être de monter en haut du canyon pour voir ce qu'il y a de l'autre côté. Je vois rouge. Au sens propre. Rouge la terre. Rouge la roche. Chemin qui continue sur la crête du canyon. Juste moi, le ciel, le soleil et de part et autre une multitude de mastodonte de pierre rouge, un décor de Far West. Je me sens comme une aventurière tentant de suivre les indices pour aller retrouver le trésor. Que je finis par trouver. Le chemin débouche à un mirador offre une vue panoramique sur un mur de pierre, que le temps à patiemment sculpté.






























vendredi 19 juin 2015

Le Piltriquitron

Une mer de nuages recouvre la vallée. De cette mer surgissent quelques montagnes dont les têtes sont enneigées. On devine le soleil plus qu'on ne le voit, plus qu'on ne le sent. Il vient éclairer les cimes enneigées mais ne se fraye que difficilement un chemin à travers une deuxième couche de nuages qui elle recouvre totalement le ciel. Et moi j'avance au milieu de ces deux couches de nuages. J'avance comme en lévitation. Je suis comme suspendue  dans un univers blanc, un univers cotonneux où le temps semble s'être arrêté. Le chemin est un peu abrupt, une voie carrossable pas très agréable mais qui fini par évoluer en sentier en sous bois et débouche dans le Bosque Tallado, une clairière remplie de statues en bois réalisées par des artistes locaux, par ici le visage de Buddha, par là une divinité sud américaine, par ici encore un nain sculpté dans un tronc d'arbre. Depuis le Bosque, une vue panoramique sur la vallée.... Ou plutôt sur le duvet tout blanc qui est venu la couronner. L'ascension continue encore jusqu'au pied du Piltriquitron, jusqu'à un petit refuge. J'aurais croisé en tout et pour tout une personne. Arrivée au refuge, je trouve une pierre qui domine la vallée et laisse mon regard se perdre dans l'immensité blanche de la mer de nuages. Pas un bruit, si ce n'est le vent qui souffle. Pour la descente un compagnon canin m'accompagnera.

Deux semaines plus tard, me revoilà de nouveau au Piltriquitron. Et changement de décor !!! Le ciel est dégagé, le soleil brille et.... La neige a tout recouvert. L'immensité blanche n'est plus sous mes yeux, je baigne dedans. Le peu de feuilles qui restait à mon premier passage a maintenant disparu. Le règne végétal est entré en hibernation, il réapparaîtra dans quelques mois. En tout cas qui dit terrain pentu et neige, dit luge !!! L'âme d'enfant revient au galop pour quelques descentes.






















Maté avec Barby et José







El Bolson


El Bolson, une ville à l'allure de village. Pas de grands bâtiments, une rue principale carrossable et les autres essentiellement en terre. Installée dans une vallée enserrée au milieu des montagnes, El Bolson est entouré de chacras (fermes) qui pratiquent une agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement. 
Mon expérience de El Bolson s'est avérée très trèèèès nuageuse et pluvieuse.C'est ça la Patagonie à la fin de l'automne, on oublie à quoi ressemble le soleil, que le ciel peut être bleu. Le quotidien est fait d'humidité, de froid, de gris, de pieds mouillés, de cheveux mouillés. Mais comme toujours en Patagonie, on appréciera l'omniprésence de la nature, l'omniprésence du règne végétal.
Mon séjour à El Bolson restera également associé à 2 personnes José et Barby qui m'ont accueillie à bras ouvert et ont pris soin de moi. José travaille dans un garage et nous y aurons passé de nombreuses heures à attendre que la pluie cesse, jouant aux cartes, buvant le maté, cuisinant une tarte aux pommes, coupant du bois et triant des boulons divers et variés. 
Si le soleil fut absent du ciel lors de mon séjour, l'amitié elle était au rendez vous.







Garage de José

Maison de José









Retrouvailles avec Claire